19 – Lexique du trouble bipolaire : 60 mots décisifs du dossier médical, de « addiction » à « vulnérabilité-stress »

Addiction
Alcool (abus d’)
Alliance thérapeutique
Anticonvulsivants
Antidépresseurs
Antipsychotiques
Anxiété
Anxiolytique
Benzodiazépine
Bien-être
Cardiovasculaire (risque)
Centre expert du trouble bipolaire
CIM-10
Cognitif (trouble)
Cognition
Cognitivocomportementale (psychothérapie)
Comorbidité
Cyclothymie
Délire (idées délirantes)
Déni
Dépression
Désinhibition (comportement de)
Diabète (de type 2)
Drogue
DSM-5
Electroconvulsivothérapie (ECT)
Empathie
Entretien (psychiatrique)
Environnemental (facteur)
Episode (épisode aigu du TBP)
Examen « clinique »
Grossesse
Hallucination
Hospitalisation
Humeur (trouble de l’)
Hypertension artérielle
Hypnotique
Hypomanie (état hypomaniaque)
Insight
Interpersonnelle (psychothérapie)
Justice (sauvegarde de)
Lithium
Manie (manie aiguë ; état maniaque)
Neurobiologique (mécanisme)
Observance (thérapeutique)
Obésité
Personnalité « limite » (ou borderline)
Psychodynamique (psychothérapie)
Psychoéducation
Psychotique (trouble)
Psychothérapie
Récidive (des épisodes aigus du TBP)
Résiduels (symptômes)
Rémission
Stabilisateurs de l’humeur (médicaments)
Schizophrénie
Somatique (maladie)
Soutien (psychologique)
Suicidaire (crise)
Suicide (risque de)
Thérapie familiale
Trouble bipolaire
Unipolaire (dépression)
Vulnérabilité-stress

Addiction

Terme juridique signifiant « contrainte par corps », passé par l’anglais et revenu dans le langage courant (synonyme : conduite addictive).
Comportement répété de consommation de substance psycho-active avec perte de contrôle, malgré l’évidence de ses effets néfastes : addiction … à l’alcool, au tabac (la nicotine), aux drogues (cannabis, cocaïne, amphétamines, morphiniques). L’addiction peut s’observer à des comportements comme les jeux d’argent, les jeux vidéos…
L’ addiction à une substance psycho-active s’accompagne le plus souvent d’une « tolérance » (nécessité d’augmenter les doses pour obtenir les mêmes effets) et d’une « réaction de sevrage » à l’arrêt (manifestations psychologiques et physiques à l’arrêt de la consommation de la substance).
Les conduites « addictives » (à l’alcool, au tabac, etc.) sont fréquentes chez les patients bipolaires ; ces comorbidités du TBP doivent être traitées pour elles-mêmes, en plus du traitement du TBP.
Voir M 1 Définition du trouble bipolaire

Alcool (abus d’)

Un abus prolongé d’alcool est fréquent chez les patients ayant un TBP sans qu’il y ait nécessairement une dépendance. L’alcool est souvent utilisé en raison de son action anxiolytique.
L’abus d’alcool aggrave le contexte du TBP (familial, social, professionnel) ; il favorise les récidives des épisodes.
Voir M6 Comorbidités

Alliance thérapeutique

Accord construit entre le patient et son médecin à propos des actions à mener (celles du médecin et celles du patient) dans le traitement d’une maladie (notamment une maladie psychiatrique). Le but de cette démarche conjointe est d’abord de rapprocher les points de vue du médecin et ceux du patient ; elle repose sur une information loyale et complète du patient sur laquelle il est invité à participer aux décisions.
L’alliance thérapeutique ne suppose pas un accord total, mais sur certains points d’action
jugés essentiels, à un moment donné de l’évolution.
Voir M18 Démarche psychiatrique

Anticonvulsivants

Médicaments utilisés initialement dans le traitement de l’épilepsie (crises convulsives récidivantes apparues dans l’enfance). Certains de ces médicaments sont une des 3 familles des médicaments « stabilisateurs de l’humeur » (avec le lithium et les antipsychotiques), utilisées pour traiter un épisode aigu du TBP ou comme traitement au long cours pour prévenir les récidives.
Noter que le TBP n’a rien à voir avec l’épilepsie.
Voir M7 Médicaments

Antidépresseurs

Médicaments utilisés pour traiter les dépressions sévères (familles des tricycliques, des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, des inhibiteurs de la recapture de la noradrénaline).
Les antidépresseurs ne sont pas les médicaments recommandés en première intention pour traiter les épisodes dépressifs du trouble bipolaire (en particulier les tricycliques qui sont contre-indiqués) ; dans ce contexte, ils sont moins efficaces que les stabilisateurs de l’humeur et ils provoquent parfois un virage brutal des symptômes dépressifs vers les symptômes maniaques (ce qui est dangereux), ils peuvent induire une évolution vers des cycles rapides.
Au cours du TBP, un antidépresseur est toujours utilisé non pas seul mais en association avec un stabilisateur de l’humeur.
Voir M7 Médicaments

Antipsychotiques

Médicament utilisé dans le traitement des psychoses (par exemple la schizophrénie) ; les plus récents sont dits « antipsychotiques de 2e génération ». Certains antipsychotiques de 2e génération sont très efficaces dans le traitement du TBP (traitement préventif et curatif des épisodes maniaques, préventif et curatif des épisodes dépressifs dans une moindre mesure). Ils constituent l’une des 3 familles de médicaments stabilisateurs de l’humeur (avec le lithium et les anticonvulsivants).
Voir M7 Médicaments

Anxiété

Au sens commun, réaction psychologique transitoire provoquée par la crainte d’un événement supposé fâcheux ou dangereux (synonymes : préoccupation majeure, soucis envahissants) ; l’angoisse est une anxiété intense avec des manifestations physiques.
Au sens médical, l’anxiété pathologique est persistante et obsédante, envahissante, impossible à contrôler, sans rapport adéquat avec le contexte de vie et elle retentit sur le fonctionnement quotidien.
L’anxiété pathologique comporte plusieurs tableaux bien individualisés, dits « troubles anxieux ». Un trouble anxieux accompagne souvent le TBP.
Voir M5 Symptômes persistant entre les épisodes

Anxiolytique

Comme le nom l’indique, médicament utilisé si nécessaire pour diminuer une anxiété ; la famille principale est celle des benzodiazépines (ce n’est pas la seule).
Au cours du TBP un anxiolytique peut être utilisé de manière ponctuelle (anxiété résiduelle en période de rémission, angoisse au cours d’une crise suicidaire…).
En principe, un anxiolytique est utilisé pour une période limitée (3 à 4 semaines au maximum).
Voir M5 Symptômes persistant entre les épisodes

Benzodiazépine

Famille de médicaments pouvant être utilisés soit comme anxiolytiques (face à une anxiété sévère) soit comme hypnotiques (face à une insomnie), si possible de manière ponctuelle et pour des périodes brèves (3 à 4 semaines) pour éviter une accoutumance.
Voir M5 Symptômes persistant entre les épisodes

Bien-être

Sentiment agréable qui résulte de la satisfaction de ses besoins (matériels, affectifs, autres) et de l’absence de soucis. Au cours du TBP préserver son bien-être est un objectif essentiel du traitement (médicaments, psychothérapies, mesures de vie quotidiennes). Les patients qui « vont bien » sont souvent ceux qui ont appris à avoir une certaine distance avec leur TBP. Diverses techniques de « bien-être » (relaxation, sophrologie…) peuvent contribuer au maintien du bien-être en cas de TBP.
Voir M11 Qualité de vie

Cardiovasculaire (risque)

Les principales complications de l’athérosclérose, infarctus du myocarde et accident vasculaire cérébral (AVC) au premier rang, sont dites « cardiovasculaires ». Le risque d’infarctus et d’AVC (« risque cardiovasculaire ») chez une personne donnée est fonction de la présence de plusieurs facteurs de risque (hypertension artérielle, cholestérol élevé, obésité, diabète, et aussi habitudes de vie défavorables : inactivité physique, alimentation déséquilibrée, tabac).
Chez les patients qui ont un TBP, le risque cardiovasculaire est souvent élevé après 40 ans, ce qui nécessite une prévention cardiovasculaire poursuivie au long cours.
Voir M13 Risque cardiovasculaire

Centre expert du trouble bipolaire

Unité multidisciplinaire spécialisée dans l’évaluation et le traitement des situations complexes ou graves du TBP, organisée au sein de services hospitaliers. Les médecins généralistes, les psychiatres, les patients bipolaires eux-mêmes (en accord avec leur psychiatre ou leur médecin traitant) peuvent recourir à un Centre Expert du TBP.
Voir M3 Hypomanie

CIM-10

(Abréviation de la Classification Internationale des Maladies ; version n°10)
Outil international élaboré sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la définition, le diagnostic et le classement des maladies (dont les maladies psychiatriques). Les critères diagnostiques des maladies psychiatriques de la CIM sont concordants avec ceux de la classification de l’American Psychiatric Association qui est également très largement diffusée (le DSM 5e version ).
Voir M17 Causes du trouble bipolaire

Cognitif (trouble)

Perturbation de la pensée et/ou des fonctions intellectuelles (attention, mémoire, planification et exécution des tâches complexes, etc.) pouvant gêner la vie quotidienne, en particulier la vie professionnelle. Des troubles cognitifs significatifs (gênants et persistants), autres que des perturbations de la pensée, sont possibles après des années d’évolution du TBP ; ils doivent être distingués des troubles cognitifs transitoires qui accompagnent les épisodes aigus et des troubles cognitifs liés à un médicament stabilisateur de l’humeur.
Des troubles cognitifs importants relèvent d’un bilan spécialisé (bilan neuropsychologique) et d’un traitement par des techniques spécialisées (par exemple la « remédiation cognitive »).
Voir M9 Psychothérapies

Cognition

Idées habituelles, modes de pensée, croyances et souvenirs d’une personne, dont l’ensemble commande ses sentiments (humeur, émotions, état d’esprit) et son comportement dans les situations de la vie.
Au cours du TBP une perturbation de la cognition peut accompagner les sentiments inadaptés (hypersensibilité et hyperréactivité, variations excessives de l’humeur) et les comportements inadaptés qui en déroulent (par exemple : repli sur soi de la dépression, prises de risques absurdes au cours d’un état maniaque).
Voir M17 Causes du trouble bipolaire

Cognitivocomportementale (psychothérapie)

Au cours de la plupart des troubles mentaux, dont le TBP, des modes de pensée habituels acquis au cours de la vie (cognitions) sont responsables de comportements inadaptés dans les
situations de la vie quotidienne.
Les thérapies cognitivocomportementales (TCC) proposent, à partir d’une identification de ces pensées et de ces comportements inadaptés, des techniques permettant au patient de les modifier. Les TCC ont une efficacité bien démontrée sur la prévention des épisodes maniaques et dépressifs du TBP.
Voir M9 Psychothérapies

Comorbidité

(Etymologie : « maladie qui va avec »).
Maladie présente en plus du TBP (associée au TBP avec une fréquence qui dépasse la simple coïncidence) : trouble anxieux, trouble de la personnalité, addictions diverses ; et aussi obésité, diabète, hypertension artérielle.
Les comorbidités sont des facteurs aggravants du TBP ; elles doivent être traitées pour elles-mêmes en plus du traitement spécifique du TBP.
Voir M6 Autres troubles mentaux associés

Cyclothymie

Trouble mental défini par une succession persistante de périodes d’humeurs dépressives et d’humeurs hypomaniaques modérées, dont l’intensité et la durée ne sont pas assez importantes pour faire porter le diagnostic de TBP.
Le trouble cyclothymique peut nécessiter une prise en charge psychothérapeutique quand il altère le fonctionnement quotidien.
Voir M 1 Définition du trouble bipolaire

Délire (idées délirantes)

Conviction ferme et excessive (idée fixe d’une personne), non adaptée à la réalité. Les thèmes possibles d’un délire sont divers : persécution (on me veut du mal… on m’espionne… on complote contre moi…) ; jalousie ; grandeur (je suis le roi de la musique pop… je vais avoir le prix Nobel…) ; mystique (Dieu m’a choisi…) ; etc. Des idées délirantes sont un symptôme majeur des troubles psychotiques ; elles peuvent survenir au cours d’un épisode maniaque du TBP.
Voir M4 Manie aiguë

Déni

Le déni d’une maladie est l’incapacité qu’a le patient à reconnaître le caractère pathologique des symptômes d’un trouble (voir également défaut d’insight). Le déni peut reposer aussi sur des difficultés à accepter un diagnostic traumatisant ou perçu comme stigmatisant.
Dans le cas du TBP le déni peut être lié à l’incapacité qu’a le patient de percevoir le caractère pathologique de son comportement actuel ou passé. Au début du TBP, le patient qui ressent de manière agréable et exaltante les états hypomaniaques peut ne pas admettre leur caractère excessif malgré des conséquences parfois graves de son comportement.
Voir M3 Hypomanie

Dépression

La dépression est caractérisée par 5 groupes principaux de symptômes : tristesse permanente excessive et sans raison ; perte des plaisirs habituels ; dépréciation personnelle ; perte des plaisirs habituels ; vision négative de soi et du monde ; retentissement physique (perte d’appétit ou à l’inverse boulimie, altération de la fonction sexuelle, fatigue).
Une dépression qui se répète sans épisode hypomaniaque ou maniaque dans l’intervalle est dite « unipolaire ». Devant une dépression qui se répète avec la mise en évidence dans l’histoire médicale d’épisodes hypomaniaques modérés, passés inaperçus ou mal interprétés oriente vers un TBP.
Faire la différence sans tarder entre une dépression unipolaire et les épisodes de dépression d’un TBP est très important car le traitement et le pronostic de ces deux troubles mentaux ne sont pas les mêmes.
Voir M2 Dépression

Désinhibition (comportement de)

Comportement pathologique caractérisé par une perte du contrôle des impulsions (émotionnelles ou comportementales). Elle peut se manifester par une perte des convenances de la vie en société (propos grossiers, désobligeants ou injurieux ; propos et actes inconvenants à connotation sexuelle ; raisonnements et prises de risque absurdes, etc.), par des conduites impulsives, par des réactions émotionnelles disproportionnées.
Un comportement progressif et persistant de désinhibition indique un dysfonctionnement de la partie antérieure du cerveau (zone frontale du cortex cérébral en charge du contrôle inhibiteur émotionnel et comportemental).
Un comportement de désinhibition peut accompagner un état maniaque du TBP ; il peut être provoqué transitoirement par une ivresse alcoolique, une prise de drogue, une pathologie du lobe frontal. Il peut être prédominant au cours de certaines démences dégénératives de la personne âgée.
Voir M4 Manie aiguë

Diabète (de type 2)

Le diabète est une hyperglycémie permanente mesurée à jeun supérieure à 1,25 g/l. Le diabète de type 2 apparaît en général après 40 ans, dans un contexte d’inactivité physique, d’excès alimentaires en graisses d’origine animale et d’obésité (à prédominance abdominale).
Les acides gras libérés en excès dans la circulation par la graisse abdominale sont le facteur principal de ce type de diabète : ils gênent l’utilisation du glucose par les cellules des muscles et ils sont toxiques pour les cellules du pancréas spécialisées dans la sécrétion d’insuline. Laissé sans traitement, le diabète de type 2 expose après plusieurs années à un risque élevé de complications (cardiaques, cérébrales, rétiniennes, rénales…).
Le diabète de type 2 accompagne le TBP avec une fréquence qui dépasse une simple coïncidence : c’est une comorbidité métabolique du TBP.
Voir M13 Risque cardiovasculaire

Drogue

Substance dont la consommation est illicite, qui agit sur le psychisme (cannabis, cocaïne, amphétamine, héroïne etc.). L’addiction à une drogue est relativement fréquente chez les patients qui ont un TBP (c’est une comorbidité du TBP) ; elle favorise les récidives des épisodes ; elle empêche une bonne observance de la prise des médicaments. C’est un facteur aggravant très important du TBP.
Voir M6 Autres troubles mentaux associés

DSM-5

(Abréviation de Diagnostic and Statistical Manuel of Mental Disorders ; version n° 5).
Outil pour le diagnostic et la caractérisation des maladies psychiatriques élaboré sous l’égide de l’Association américaine de psychiatrie. La dernière mise à jour est la version n° 5 (DSM-5). C’est la classification internationale la plus utilisée par les psychiatres. Les critères diagnostiques des maladies psychiatriques du DSM sont convergents avec ceux de l’autre classification internationale, la CIM-10.
Voir M17 Causes du trouble bipolaire

Electroconvulsivothérapie (ECT)

(« Electrochoc » dans le langage populaire).
Technique de traitement très efficace dans certaines formes sévères de TBP où les médicaments stabilisateurs de l’humeur ne suffisent pas malgré des doses importantes.
Délivrée sous anesthésie générale brève au cours d’une hospitalisation de quelques heures, bien supportée, l’ECT ne mérite pas la rumeur négative qui entoure habituellement cette technique.

Empathie

Au sens général, capacité à percevoir ce qu’une autre personne ressent. En psychiatrie, disposition d’esprit qui favorise l’appréhension des sentiments et des pensées d’une personne ayant des difficultés psychologiques. Au cours d’un entretien psychiatrique, l’attitude empathique du médecin (du psychothérapeute) est essentielle :
– pour accéder (partiellement) au ressenti que le patient a de ses symptômes ;
– pour manifester au patient qu’on le comprend, tout en excluant tout jugement moral sur son comportement.
L’attitude empathique permet au médecin de garder l’objectivité (la distance) nécessaire à la démarche soignante à la différence d’une position de sympathie ou de compassion.
Voir M18 La psychiatrie

Entretien (psychiatrique)

Le diagnostic et l’évaluation d’une maladie psychiatrique reposent principalement sur l’analyse des symptômes du patient et sur des antécédents personnels et familiaux recueillis au cours de l’entretien ; l’entretien a une grande importance en psychiatrie comme dans les autres disciplines de la médecine. Une conduite satisfaisante de l’entretien implique une compétence technique particulière : disponibilité, capacité d’écoute, empathie (souci de comprendre ce que vit la personne sans porter de jugement moral, sans sortir du champ de la médecine par un sentiment d’antipathie ou de sympathie). Les soignants de psychiatrie (psychiatres, infirmiers, psychologues) reçoivent une formation spécifique à cet effet.
Voir M18 La psychiatrie

Environnemental (facteur)

Les éléments qui, dans le contexte de vie du patient, favorisent ou provoquent les manifestations du TBP (émotions excessives, variations inadaptées et excessives de l’humeur) sont les « facteurs environnementaux » du TBP.
Les aménagements du mode de vie qui ont pour objectif de diminuer le plus possible les facteurs (stresseurs) environnementaux du TBP sont un axe du traitement au long cours.
Voir M9 Psychothérapies

Episode (épisode aigu du TBP)

Le TBP est une maladie cyclique : des périodes de dépression ou d’excitation physique et mentale (périodes hypomaniaques ou maniaques) sont séparées par des intervalles comportant peu ou pas de symptômes (les rémissions) : ces périodes dépressives et hypomaniaques (ou maniaques) sont « les épisodes aigus » du TBP.
Un épisode maniaque ou dépressif (épisode thymique) dure habituellement plusieurs mois si on ne le traite pas ; il dure quelques semaines avec une intensité moindre sous l’effet du traitement par les stabilisateurs de l’humeur.
Voir M 1 Définition du trouble bipolaire

Examen « clinique »

Examen traditionnel fait par un médecin « à mains nues ». Il comprend un « interrogatoire » à la recherche des symptômes de la maladie ressentis par le patient et une recherche des signes objectifs par l’observation, l’inspection, la palpation, l’auscultation (en langue populaire on dit souvent « l’auscultation »). Dans les maladies somatiques (physiques), les critères « cliniques » des maladies ont de moins en moins d’importance avec le développement des critères « techniques » issus des techniques d’investigation moderne : examens biologiques, examens radiologiques (scanner, IRM, échographie), échocardiographie, échodoppler des artères et des veines, etc. Avant d’affirmer un trouble mental « autonome », le médecin pratique un examen médical général (examen clinique, examens techniques) afin de s’assurer de l’absence de maladie physique pouvant favoriser ou aggraver le trouble mental.

Grossesse

En cas de TBP, la grossesse nécessite des précautions préalables et une surveillance rapprochée ; le risque est la survenue d’épisodes dépressifs ou maniaques sévères (d’autant plus que le traitement a dû être modifié).
En raison du risque de malformations du foetus, un traitement par un stabilisateur de l’humeur de la famille des anticonvulsivants doit être interrompu plusieurs mois avant la grossesse, puis durant la grossesse. Certains stabilisateurs de l’humeur peuvent être prescrits pendant la grossesse sans risque pour l’enfant à naître.
Voir M12 Grossesse

Hallucination

Perception sensorielle ressentie alors que le stimulus n’existe pas : perception auditive (bruits divers, voix qui chuchotent, voix qui interpellent…) ; visuelle (apparition de personnes de sa famille) ; saveur ou odeur (le plus souvent désagréable) ; sensitive (impressions de touchers, d’effleurements).
Les hallucinations sont un symptôme majeur des troubles psychotiques tels que la schizophrénie. Au cours du TBP elles peuvent survenir au moment d’un état maniaque ou dépressif aigu.
Voir M4 Manie aigu ë

Hospitalisation

Une hospitalisation peut s’imposer en cas de situation grave du TBP (dépression sévère, risque suicidaire, manie aiguë). Une hospitalisation peut être demandée par le médecin ou l’entourage sans le consentement du patient (voire malgré son opposition), quand la situation est menaçante pour la santé du patient et quand les symptômes de l’épisode obscurcissent sa capacité de jugement.
Voir M4 Manie aiguë

Humeur (trouble de l’)

Au sens commun, l’humeur correspond aux émotions déclenchées par les circonstances et les événements de la vie : joie, gaieté, tristesse, contrariété… Un « trouble de l’humeur » est défini par des variations de l’humeur excessives, persistantes et récidivantes qui surviennent sans raison ou sans commune mesure avec l’événement supposé les avoir déclenchées et qui provoquent une souffrance morale et des comportements inadaptés.
Les principaux troubles de l’humeur sont la dépression isolée, la dépression récurrente (unipolaire), le trouble bipolaire.
Voir M 1 Définition du trouble bipolaire

Hypertension artérielle

Augmentation permanente de la tension artérielle (vérifiée à plusieurs reprises) au-dessus de la limite conventionnelle de 140-90 millimètres de mercure (on dit couramment « 14 - 9 »). Après l’âge de 40 ans, une hypertension artérielle est fréquente chez les patients qui ont un TBP ; elle est favorisée en particulier par des déséquilibres alimentaires, l’alcool, l’excès de poids corporel, le diabète de type 2. L’hypertension artérielle est le facteur de risque cardiovasculaire (risque d’infarctus et d’AVC) le plus fréquent et le plus accessible au traitement.
Voir M13 Risque cardiovasculaire

Hypnotique

(Synonyme : somnifère) ; médicament utilisé contre les insomnies ; la famille principale est celle des benzodiazépines. Au cours du TBP, un hypnotique peut être utilisé pour aider à régulariser un rythme du sommeil récemment perturbé (le manque de sommeil favorise et aggrave les variations excessives de l’humeur). En raison des risques de somnolence et d’accoutumance, un hypnotique doit être pris de manière ponctuelle et pour des périodes limitées (quelques jours à 3 à 4 semaines).
Voir M10 Vie quotidienne

Hypomanie (état hypomaniaque)

Au cours du TBP, période d’élévation anormale de l’humeur d’une durée de plusieurs jours à plusieurs semaines (plusieurs mois en l’absence de traitement) : euphorie, excitation verbale, conduites à risque financier ou professionnel, etc. Les symptômes de l’hypomanie sont en « miroir » (à l’inverse) par rapport aux symptômes de la dépression.
Un état hypomaniaque modéré n’empêche pas le patient de fonctionner dans la vie quotidienne, ce qui, au début du TBP, peut faire retarder le moment du diagnostic et au cours de l’évolution peut empêcher le déclenchement de l’alerte au début d’un nouvel épisode. Par différence, l’état maniaque aigu empêche tout fonctionnement social normal ; c’est une urgence médicale.
Voir M3 Hypomanie

Insight

Terme anglais utilisé en langage médical pour parler de la « conscience du trouble ».
Terme utilisé pour définir le degré de conscience qu’a un patient de son trouble psychiatrique : la perte (défaut) d’insight est un signe de gravité du trouble psychiatrique.
Au cours du TBP la perte d’insight, partielle ou totale, est évidente dans les situations de crise (manie/hypomanie). Une diminution d’insight est possible en période de rémission ; elle peut gêner l’acceptation par le patient du diagnostic et du traitement du TBP.
Voir M 1 Définition du trouble bipolaire

Interpersonnelle (psychothérapie)

Psychothérapie de type cognitivocomportementale centrée sur les schémas cognitifs qui entrainent des difficultés relationnelles et sociales, favorisées au cours du TBP ; elle peut porter sur différents schémas (estime de soi, anticipation de l’avenir, tendance au repli et à l’isolement…).
Voir M9 Psychothérapies

Justice (sauvegarde de)

Une sauvegarde de justice adressée au procureur de la République (par le médecin, l’entourage familial, le patient lui-même) met le patient à l’abri de certaines réclamations financières et de poursuites juridiques (conséquences d’actes inconsidérés liés à une maladie psychiatrique)… à partir de la date de la demande.
Voir M4 Manie aiguë

Lithium

Le lithium (sel de lithium) représente à lui seul une des trois familles des médicaments « stabilisateurs de l’humeur » (autres familles : anticonvulsivants et antipsychotiques de 2e génération).
Le lithium, chef de file des stabilisateurs de l’humeur, est utilisé comme traitement des épisodes aigus du TBP, en particulier des états maniaques (c’est un « antimaniaque »), et comme traitement au long cours préventif des récidives.
Un traitement par le lithium nécessite d’ajuster la dose quotidienne en s’appuyant sur des dosages de la lithiémie (taux de lithium dans le sang), dosages d’abord rapprochés puis répétés tous les 6 mois, afin de préciser la dose qui est la plus efficace avec le moins possible d’effets indésirables. Il nécessite la surveillance des fonctions rénale et thyroidïenne.
Voir M7 Médicaments

Manie (manie aiguë ; état maniaque)

L’épisode maniaque aigu se traduit par une excitation intellectuelle et physique incessante, caricaturale (caractère anormal évident pour l’entourage) : diminution du besoin de sommeil, hyperactivité, projets extravagants, idées délirantes, conduites impulsives à risque …).
La manie aiguë échappe au contrôle du patient ; elle perturbe profondément les différents secteurs du fonctionnement social, affectif, professionnel; elle peut mettre en danger le patient : c’est une urgence médicale !
Voir M4 Manie aiguë

Neurobiologique (mécanisme)

Le mécanisme fondamental du TBP est une instabilité permanente dans le fonctionnement des circuits neuronaux du cerveau normalement en charge de la régulation de l’humeur et des émotions : ce terrain prédisposé est le mécanisme neurobiologique du TBP (inné ou acquis) intriqué avec les mécanismes environnementaux et psychologiques.
Voir M17 Causes du trouble bipolaire

Observance (thérapeutique)

Terme qui définit la régularité avec laquelle le patient applique les prescriptions médicales (médicaments, psychothérapie et mesures de vie quotidienne), en fait la régularité avec laquelle le patient prend chaque jour ses médicaments.
Au cours du TBP l’observance quotidienne du traitement stabilisateur de l’humeur et des traitements psychologiques est l’élément principal d’un bon pronostic à long terme.
Voir M8 Prendre chaque jour ses médicaments

Obésité

Excès de poids corporel important, défini par convention par un indice de masse corporelle (IMC) au-dessus de 30 kg/m2 ou par un périmètre abdominal au-dessus de 100 cm environ pour un homme et 90 cm environ pour une femme.(L’excès pondéral est défini par un IMC supérieur à 25 kg/m2). Les patients avec TBP ont un terrain prédisposé pour un excès pondéral auquel s’ajoutent d’autres facteurs tels que les déséquilibres alimentaires, l’abus d’alcool, l’inactivité physique et aussi la plupart des médicaments stabilisateurs de l’humeur.
L’obésité est un facteur de risque cardiovasculaire ; c’est aussi le facteur principal du diabète de type 2 ; elle favorise beaucoup l’hypertension artérielle. Au cours du TBP, la lutte contre le surpoids contribue à la prévention des récidives.
Voir M13 Risque cardiovasculaire

Personnalité « limite » (ou borderline)

La personnalité limite est classée dans la catégorie des « troubles de la personnalité » (avec, par exemple, les personnalités paranoïaque, histrionique, etc.). Elle apparaît au début de l’âge adulte ; elle est caractérisée par une mésestime de soi, une instabilité des relations avec autrui, une hyperréactivité émotionnelle, une dépendance affective, une impulsivité dommageable dans divers domaines (troubles caractériels, instabilité affectives, conduites suicidaires). Elle comporte un risque suicidaire élevé.
Un trouble de la personnalité est parfois difficile à différencier d’un début de TBP quand il précède ou accompagne le TBP (c’est une comorbidité du TBP).
Voir M 1 Définition du trouble bipolaire

Psychodynamique (psychothérapie)

Les thérapies d’inspiration psychanalytique (TIP), dites psychodynamiques, proposent de revenir sur des événements (des expériences passées) qui ont pu contribuer à la mise en place de comportements qui font souffrir.
Voir M9 Psychothérapies

Psychoéducation

Terme définissant les programmes d’information et d’éducation, structurés et structurants, délivrés individuellement ou en groupe à des patients atteints de maladie psychiatrique (et à leur entourage). Les programmes de psychoéducation sont délivrés par des psychiatres ou des soignants formés à cette technique éducative. Un programme de psychoéducation aide le patient à cheminer dans la connaissance de soi et de sa maladie : c’est aussi une démarche psychothérapique.
Au cours du TBP, l’efficacité de la psychoéducation sur la prévention des récidives des épisodes est importante (meilleure observance de la prise des médicaments et des habitudes de vie recommandées, acquisition de compétences dans l’autosurveillance de l’humeur).
Voir M9 Psychothérapies

Psychotique (trouble)

Trouble mental qui altère la perception et la compréhension de la réalité, désorganise gravement le fonctionnement affectif et social, empêche le patient d’avoir conscience du caractère pathologique de sa vision du monde et de ses comportements. La forme la plus caractéristique est la schizophrénie.
Au cours des états maniaques aigus du TBP, certains symptômes psychotiques sont parfois présents (propos délirants, hallucinations) : ils indiquent une perte de contact avec la réalité ce qui rapproche l’épisode d’une psychose (autrefois le TBP s’appelait « psychose maniaco-dépressive »).
Une crise passagère d’agitation et de délire chez un adolescent ou un adulte jeune peut être le mode révélateur d’un TBP.
Voir M4 Manie aiguë

Psychothérapie

Les psychothérapies sont des méthodes de traitement psychologiques des troubles mentaux mis en œuvre par un thérapeute formé à ces méthodes (médecin, psychologue). Les méthodes psychothérapeutiques reconnues comme les plus efficaces dans divers troubles mentaux et les mieux codifiées sont les suivantes : cognitivocomportementale, psycho-éducation, méditation en pleine conscience, interpersonnelle, familiale, psychodynamique (inspirée de la psychanalyse).
Toute psychothérapie améliore l’estime de soi et le bien-être. Au cours du TBP les psychothérapies cognitivocomportementales et la psycho-éducation sont les seules ayant, en plus, une efficacité démontrée sur la prévention des récidives des épisodes.
Voir M9 Psychothérapies

Récidive (des épisodes aigus du TBP)

Après le premier épisode aigu majeur, dépressif ou maniaque, révélateur du TBP, tout nouvel épisode est une « récidive » (que l’épisode soit du même type ou pas que le précédent). Le TBP est une maladie chronique : les récidives des épisodes sont fréquentes et cette fréquence est très diminuée par le traitement stabilisateur de l’humeur poursuivi au long cours. Le terme de « rechute » est plutôt réservé à une répétition du même épisode qui survient peu de temps (quelques semaines ou mois) après la disparition des symptômes de l’épisode précédent (c’est en fait le même épisode mais insuffisamment maîtrisé par le traitement).
Voir M14 Prévenir les récidives

Résiduels (symptômes)

Terme définissant l’ensemble des phénomènes qui persistent en période de rémission du TBP (après la résolution d’un épisode majeur dépressif, maniaque ou mixte) et qui impactent le fonctionnement du patient. La rémission du TBP est dite totale s’il n’y a aucun symptôme résiduel ; la rémission est dite partielle si persistent un ou plusieurs symptômes (fluctuation importante de l’humeur, anxiété, idées suicidaires, troubles cognitifs).
Le traitement stabilisateur de l’humeur préventif des récidives diminue aussi l’importance des symptômes résiduels, ce qui améliore du même coup la qualité de vie.
Voir M5 Autres troubles mentaux souvent associés

Rémission

Période d’une durée de plusieurs mois ou plusieurs années qui sépare deux épisodes aigus du TBP, après la disparition des symptômes du dernier épisode (maniaque ou dépressif).
La rémission peut être totale (aucun symptôme psychologique  avec une récupération totale du fonctionnement) ou partielle (persistance de symptômes résiduels, en particulier fluctuations a minima de l’humeur, et/ou récupération seulement partielle du fonctionnement).
Voir M5 Autres troubles mentaux souvent associés

Stabilisateurs de l’humeur (médicaments)

(Dits aussi : régulateurs de l’humeur ; normothymiques dans le dictionnaire Vidal ; thymorégulateurs).
Médicaments spécifiques du TBP utilisés soit pour traiter un épisode aigu majeur (dépressif ou maniaque), soit au long cours pour prévenir les récidives.
Trois familles : lithium, anticonvulsivants (appelés ainsi car utilisés dans le traitement de l’épilepsie), antipsychotiques de 2e génération (utilisés par ailleurs dans le traitement des psychoses).
Voir M7 Médicaments

Schizophrénie

Psychose délirante, chronique, qui débute le plus souvent chez l’adulte jeune. Pendant les épisodes aigus, la pensée est désorganisée et incohérente, le patient a un comportement étrange, il a des périodes de délires et d’hallucinations.
Un épisode inaugural délirant chez un adolescent ou un adulte jeune n’indique pas nécessairement une schizophrénie ; d’autres causes sont possibles (dont le TBP et la prise de drogue). Dans tous les cas, après un premier épisode passager d’allure psychotique, une surveillance psychiatrique prolongée est nécessaire.
Voir M4 Manie aiguë

Somatique (maladie)

Littéralement : maladie du corps, par opposition à une maladie de l’esprit (trouble mental, maladie psychiatrique). Les maladies somatiques ont le plus souvent des critères diagnostiques stricts (cliniques, biologiques, radiologiques, etc.).
Toute maladie somatique chronique (diabète, obésité, suites d’un infarctus) aggrave le TBP : le maintien d’un bon état de santé somatique est un objectif du traitement du TBP.

Soutien (psychologique)

C’est la psychothérapie la plus simple.
Au cours du TBP, le retentissement psychologique qui suit la résolution des premiers épisodes et l’annonce diagnostique initiale, de même toute difficulté nouvelle au cours de l’évolution, rendent très souhaitable un soutien psychologique assuré par le psychiatre référent.
Le soutien psychologique peut être assuré par un médecin généraliste habitué à cet exercice ou par un psychologue. La participation à un programme de psychoéducation est un élément de la psychothérapie de soutien.

Suicidaire (crise)

Des idées suicidaires répétées, intrusives, envahissantes indiquent un risque élevé de suicide : c’est une crise suicidaire. Le risque est particulièrement élevé quand les idées sont « clandestines »
(le patient les garde pour lui).
Au cours des programmes de psychoéducation et des psychothérapies cognitivocomportementales, le patient « apprend » à surveiller ses idées suicidaires et à les communiquer.
En consultation le médecin s’enquiert systématiquement auprès du patient et de l’entourage de la survenue éventuelle d’idées suicidaires.
Voir M16 Idées suicidaires

Suicide (risque de)

Le risque d’idées ou de conduite suicidaires est relativement élevé au cours du TBP, surtout au moment des dépressions, mais pas seulement : des idées suicidaires intrusives et répétées peuvent survenir durant les périodes de rémission, même quand, apparemment, « tout va bien ». La stratégie de prévention du suicide est abordée systématiquement dans les programmes de psychoéducation et au cours des psychothérapies cognitivocomportementales.
Chez certains patients, certains antécédents indiquent une prédisposition particulière au suicide (antécédent familial de conduite suicidaire, antécédent personnel de tentative de suicide, personnalité borderline associée au TBP, etc.).
Voir M16 Idées suicidaires

Thérapie familiale

La famille étant considérée comme un « système de personnes en inter-relation », les psychothérapies familiales sont centrées sur le dysfonctionnement et les difficultés relationnelles pouvant être induits par le TBP d’un de ses membres.
La méthode générale consiste à identifier les différentes « visions du monde » des membres de la famille et à les rendre compatibles afin de rétablir une entraide et une coopération.
Voir M9 Psychothérapies

Trouble bipolaire

Trouble mental classé (comme la dépression) dans la catégorie des troubles de l’humeur.
Le trouble bipolaire est caractérisé par une instabilité permanente de l’humeur ponctuée par des épisodes prolongés durant lesquels l’humeur est franchement pathologique et oscille entre « deux pôles » : épisode dépressif, épisode maniaque (manie aiguë ou hypomanie), épisode mixte (dépression infiltrée par « une agitation de type maniaque »).
Les épisodes dépressifs ou maniaques sont séparés par des intervalles plus ou moins prolongés, plus ou moins libres de symptômes psychiatriques : les périodes de rémission.
Voir M 1 Définition du trouble bipolaire

Unipolaire (dépression)

La dépression unipolaire est définie par des épisodes répétés et rapprochés de dépression (dépression récurrente), sans qu’il y ait jamais de symptômes hypomaniaques ou maniaques dans les intervalles (ce qui fait la différence avec les épisodes de dépression au cours du trouble bipolaire).
Voir M2 Dépression

Vulnérabilité-stress

Concept général pour expliquer ce qui provoque nombre de troubles mentaux dont le TBP : la survenue d’un stress sur un terrain vulnérable va contribuer à faire émerger le trouble.
Au cours du TBP il y a une fragilité permanente du fonctionnement des zones du cerveau spécialisées dans le contrôle de l’humeur et des émotions. Sur ce terrain prédisposé permanent (la « vulnérabilité » neurobiologique, innée et/ou acquise) des facteurs extérieurs psychologiques et environnementaux intercurrents, les stress (dits aussi stresseurs) viennent aggraver l’instabilité et provoquer une bascule de l’humeur, soit du côté dépressif, soit du côté maniaque.
Les médicaments stabilisateurs de l’humeur diminuent la vulnérabilité neurobiologique permanente du TBP : ils agissent sur la vulnérabilité.
Les aménagements du mode de vie diminuent les facteurs qui favorisent les décompensations de l’humeur : ils agissent sur les stress.
Les psychothérapies agissent à la fois sur la vulnérabilité et sur les stress.
Voir M17 Causes du trouble bipolaire